6 juin 2014

Etoiles filantes - Anna May Wong



Anna May Wong débuta sa carrière cinématographique en tant que figurante en 1918 sur le film La Lanterne Rouge grâce à James Wang, un ami de son père qui avait travaillé sur de nombreux films . Elle commence véritablement sa carrière d'actrice en 1922 avec le film The Toll of the Sea (1922), suivi du Voleur de Bagdad en 1924 avec Douglas Fairbanks.

Mais Hollywood la cantonnant dans des rôles stéréotypés, elle prit le chemin de l'Europe à la fin des années 1920, où elle joua dans plusieurs productions et imposa une image d'icône internationale de la mode. Elle revint périodiquement en Amérique au début des années 1930 pour divers films comme Daughter of the Dragon (1931) ou Shanghaï Express de Josef von Sternberg (1932), avec Marlene Dietrich, et plus tard Daughter of Shanghai (1937).

En 1935 la Metro-Goldwyn-Mayer rejeta sa candidature pour le rôle principal dans une adaptation de The Good Earth (Visages d'Orient) de Pearl S. Buck en raison du code de l'industrie cinématographique, interdisant les gestes intimes entre différentes ethnies. L'acteur principal masculin étant d'aspect occidental (Paul Muni), les producteurs considéraient impossible de lui donner une partenaire d'origine  asiatique  et choisirent l'actrice Luise Rainer que l'on maquilla pour lui donner l'apparence orientale.

Désabusée, Wong tenta sa chance en Chine mais elle fut victime de la propagande du gouvernement nationaliste de Chiang Kai-Tchek qui considérait que ses rôles cinématographiques donnaient une mauvaise image du peuple chinois.

De retour en Amérique à la fin des années 1930, elle tourna dans plusieurs films de série B pour Paramount Pictures, comme le film de guerre Lady from Chungking où elle interprète un rôle donnant une image positive des sino-américains et des chinois, en lutte contre l'envahisseur japonais. Durant toute la guerre sino-japonaise (1937-1945) elle consacra une bonne part de son temps et de son argent à lutter pour la cause de la Chine.

Wong revint à l'écran dans les années 1950 dans plusieurs séries télévisées ainsi que dans sa propre série en 1951, The Gallery of Madame Liu-Tsong, la première série mettant en vedette une sino-américaine diffusée aux États-Unis3. Elle comptait revenir au cinéma dans Flower Drum Song quand elle mourut d'une crise cardiaque en 1961, à 56 ans.
 
 
 
 
 


5 juin 2014

Cahier de vedettes

 Je me souviens de mon cahier de vedettes où je collais, au bâton à colle, les articles et photos découpés dans Cinémonde et Ciné-Revue et des cartes postales aujourd'hui si joliment datées...
Pascale Petit
Il lui aura suffit d'un seul film, ''Les tricheurs'', pour s'incruster dans notre mémoire cinéphilique... Bon, bien sûr je vous parle d'un temps que les moins de ...t'huit ans ne peuvent pas connaître...




4 juin 2014

Les inoubliables du cinéma français - Jeanne Fusier-Gir




Jeanne Fusier-Gir c’est, en 60 ans de carrière, près de 200 films et 45 pièces de théâtre. Sans avoir jamais été une vedette, elle s’est imposée comme un second rôle incontournable du paysage cinématographique français. Avec son physique ingrat, son chignon haut perché, sa voix inimitable, ses yeux pétillants elle était drôle et pouvait être inquiétante. Adorée du public elle a tourné avec tout ce que le cinéma compte de noms. Du plus petit au plus illustre, d’Emile Couzinet à H.G. Clouzot. Elle a été une des interprètes favorites de Sacha Guytry, qui s’y connaissait en talents,  avec qui elle a tourné 12 films. Dont Le diable boiteux où elle fait une composition savoureuse de la conspiratrice Marie-Thérèse Champignon, sous l’œil amusé et attendri du Maître…

2 juin 2014

Le ''musical'' du lundi

En souvenir de mes séances cinéma du jeudi après-midi et du goût immodéré des comédies musicales que j'y ai acquis!
Pour rester encore un peu avec Busby... peut-être son plus beau numéro
Gold Diggers 1935
Busby Berkeley
Lulluby of Broadway 


1 juin 2014

Les belles, mais chaotiques, histoires de tonton Charlus - Busby Berkeley


 Busby Berkeley a été le maître incontesté, le numéro un, le génie de la comédie musicale hollywoodienne. Il a cassé les règles qui jusque-là contraignaient le genre. Par son imagination délirante il a sorti la comédie musicale du cadre strict de la scène. Ses numéros ont fait exploser le temps et l’espace, il en a fait des fantasmes musicaux surréalistes, voyeuristes, érotiques. Il a élevé la chorégraphie géométrique des girls au niveau d’un art et a sauvé la Warner Bros de la faillite, au cours de la Grande Dépression, grâce à ses mises en scène somptueuses…

Busby, cinéaste de la beauté et du bonheur, était aussi un fils à maman, un alcoolique névrosé qui a causé trois morts dans un accident de voiture et s’est tranché la gorge et les poignets dans une tentative de suicide sanglant…
Bien que marié cinq fois, la grande femme de sa vie a été sa mère Gertrude. Actrice, elle était apparue dans de nombreuses pièces et films en particulier avec sa très proche amie, la légendaire lesbienne Alia Nazimova, star du muet. C’est d’ailleurs avec elle et sa mère qu’il fait ses débuts sur scène  dans La maison de poupée. En 1914 il est diplômé de l’Agence militaire et après l’entrée des EU en guerre, il dirige des exercices de parades militaires en France. On retrouvera cette influence dans ses futures chorégraphies.
En 1923 Busby Berkeley connait son premier succès sur scène dans le rôle de Madame Lucy, un créateur de mode efféminé, dans la comédie musicale Irene avec Irene Dunne. Dans les années 20 il devient un des plus grands metteurs en scène de Broadway sans avoir jamais pris un cours de danse…
En 1930 il est appelé à Hollywood par Samuel Goldwyn pour régler les numéros musicaux de Whopee avec Eddie Cantor, une production de Florenz Ziegfield. Busby qui avait l’œil pour dénicher les talents féminins donna leur premier rôle à Betty Grable, Paulette Godard, Veronica Lake, Lucile Ball. Lorsque Darryl Zanuck demande à Busby de réaliser les séquences musicales de 42nd street, le studio était dans le rouge. Le film connut un tel triomphe qu’il sauva le studio de la faillite. Pour Busby ce fut la gloire et il enchaîna film sur film. Même s’il ne dirigea complètement sa première comédie musicale qu’en 1935 avec Gold Diggers 1935, il fut incontestablement l’’auteur’’ de toutes celles dont il signa les chorégraphies.
Pendant toutes ces années sa mère fut on mentor et son réconfort. Il l’installa dans un somptueux manoir de Beverly Hills où elle put se livrer à sa manie de collectionner les antiquités.
Mais au plus fort de son succès, la violence et la tragédie apparaissent dans sa vie. Le 8 septembre 1935 il assiste à une réception chez William Koenig, directeur de production à la Warner. Au moment de quitter la soirée il a manifestement trop bu. De plus il est épuisé nerveusement et physiquement. Cette année il a travaillé sur cinq films en même temps et les frères Warner ne sont pas des tendres et savent mettre la pression sur leurs équipes. Quoiqu’il en soit sur l’autoroute Pacific Coast en direction de Santa Monica, il perd le contrôle de son roadster blanc et se retrouve sur l’autre voie, à contre-sens. Il heurte une voiture dont trois des occupants sont tués. Lui-même est gravement blessé. Busby est accusé de meurtre au second degré. Mais pour la Warner c’est secondaire. L’important est que leur réalisateur vedette est engagé dans un calendrier infernal, trois films à réaliser dont deux dans leur intégralité.
Durant le procès, Busby se présente le matin à 9h sur un brancard, à la suite de ses blessures à la tête et aux jambes, mais le studio change les horaires afin que
les films puissent être tournés la nuit… Et au diable la santé physique et mentale de Busby Berkeley.
C’est Jerry Geiler, l’avocat des stars, qui le défendra. Il réussit à convaincre le jury que c’est l’explosion d’un pneu qui est la cause de l’accident. Plusieurs vedettes présentes à la soirée, et toutes sous contrat à la Warner, jurèrent que ce soir-là Busby n’était pas ivre… mais au bout du compte les jurés n’arrivent pas à se mettre d’accord. Un second procès par un vote de 7 contre et de 5 pour l’acquittement. Pas suffisant. Il faudra un troisième procès en septembre 1936 pour que Jerry Geissler obtienne l’acquittement. Il n’en fallait pas plus pour qu’il sombre dans une dépression nerveuse.
Busby a été ensuite au cœur d’un scandale sur ses supposées ‘’relations’’ avec la blonde et sexy Carole Landis. Ils s’étaient rencontrés lors d’une audition dans les studios de la Warner. Il lui avait donné, comme à tant d’autres, son premier petit rôle. Puis il a essayé de lui obtenir un contrat… En 1938, le conjoint de Carole Landis lui réclame un quart de million de $ prétendant qu’il avait attiré Carole Landis dans son lit… La plainte fut rejetée par la Cour qui s’était aperçue que la belle Carole n’était pas difficile à séduire. N’était-elle pas surnommé ‘’la P… des studios’’ ? Et elle était une habituée de l’arrière-salle du bureau de Darryl Zanuck, qui avait besoin d’une fille docile tous les jours ouvrables à 16 heures…
En juin 1946 sa mère meurt d’un cancer laissant Busby désespéré, avec un grave problème d’alcool, une carrière en ruines et un nouveau divorce… Il n’a pas réalisé de film depuis plus de deux ans, depuis le délirant ‘’The gang’s all here’’ avec Carmen Miranda. 
Il accepte de mettre en scène une comédie musicale à Broadway ‘’Happy to see you’’ avec Lupe Velez. Mais le spectacle n’arrivera jamais à Broadway. A cause de mauvaises critiques, il s’arrêtera à Philadelphie.
A bout, Busby se tranche la gorge et les poignets. Il est retrouvé dans une mare de sang par son boy japonais Frankie Honda. Sur son lit d’hôpital il déclara :’’ Je suis un has-been et je le sais. Je n’arrive pas à remonter la pente, chaque fois que je me marie c’est un échec, je suis ruiné. Quand ma mère est morte, tout a semblé partir avec elle…’’
Admis à l’hôpital psychiatrique de LA, il y passera 6 semaines. ‘’ C’était un cauchemar. J’ai été jeté avec des créatures sales, hirsutes, débraillées. Par manque de place mon lit avait été placé dans le couloir où ces horribles créatures me côtoyaient jour et nuit. Si je n’avais pas déjà été fou, je le serais devenu…’’
Pour l’aider son ancien patron lui demande de superviser les numéros de Doris Day dans ‘’Romance on the High Seas’’. En 1949 il convainc Arthur Freed de le laisser diriger un film pour la MGM. Ce sera le délicieux ‘’Take me out of the ball of game’’ avec Frank Sinatra et Gene Kelly. Busby n’a rien perdu de ses talents de réalisateur. Ce sera pourtant son dernier film en tant que metteur en scène. Il travaillera sur les numéros musicaux de huit autres films où il réalisera quelques-unes de ses meilleures séquences… les ballets nautiques de ‘’Million dollars mermaid’’’ et ‘’easy to love’’, ‘’Rose-Marie’’ et le ballet aérien de ‘’Jumbo’’ son dernier film en 1962.

Mais il ne sombra pas dans l’oubli. De grandes rétrospectives lui furent consacrées par la Cinémathèque de Paris et le New York Cultural Center.
Plusieurs livres furent publiés sur son œuvre, il accorda de nombreuses interviews et fit des conférences dans des universités… et une nouvelle génération fit connaissance avec ses œuvres grâce à la télévision.
En 1970 des producteurs l’engagent pour superviser une reprise de No No Nanette avec Ruby Keller, la star de ses plus grands succès dans les années 30. A 75 ans il remonte sur scène pour auditionner comme au bon vieux temps, 350 paires de ‘’gambettes’’ , pour retenir une ‘’chorus line’ de 20 girls… La première eut lieu le 19 janvier 1971 fut un triomphe. Le dernier pour Busby…
Il est mort le 14 mars 1976 à Palm Springs.   Il semblerait qu'un biopic sur la vie de Busby Berkeley soit en préparation...Avec Ryan Gosling dans le rôle titre...Hummm!!!